Tout savoir sur le livret A

par | Mise à jour le 22/04/2019 | Finance

Depuis maintenant plusieurs années, l’épargne des Français atteint des proportions très importantes. Ainsi, en 2016, l’épargne des ménages français représentait 13,51 % de leur patrimoine, ce qui en faisait les 3e plus gros épargnants européens (derrière la Suède et l’Allemagne). Le taux d’épargne moyen des 28 pays de l’Union européenne se fixe lui à 10,8 % : c’est dire si les ménages Français sont particulièrement prudents et précautionneux.

Le patrimoine financier des ménages représente pas moins de 2 fois le PIB (la totalité des richesses créées dans le pays sur un an).

Selon l’Observatoire de l’épargne réglementée, l’encours total des placements financiers des ménages s’élève à 5 014 milliards d’euros fin 2017, année où il aurait connu une augmentation de 5,2 %, tandis que la croissance économique, elle, n’était que de 2,2 %.

Parmi cette épargne, les placements financiers sur livrets occupent une place très importante. Il en existe de nombreuses versions, mais un de ceux à la fois le plus ancien et le plus prisé reste encore le livret A, même en 2019.

Dans cet article, découvrez-en plus sur un des placements favoris des Français, son histoire et ses principales caractéristiques, notamment le taux d’intérêt et le plafond du livret A.

Historique du livret A

Si placer son argent sur un livret A reste en réflexe pour beaucoup de Français, malgré qu’il existe de meilleurs placements, c’est qu’il s’agit là d’un placement financier historique. Nous avons en effet fêté les 200 ans du livret A en 2018. Celui qui était anciennement nommé livret de caisse d’épargne, ou livret série A, a en effet vu le jour le 22 mai 1818, en même temps que la Caisse d’épargne de Paris. Créé par Louis XVIII, l’objectif était de clôturer la crise financière issue des guerres napoléoniennes.

Pendant le 19e siècle, le livret A fut aussi une manière d’éduquer les populations à l’importance de l’épargne, alors que la protection sociale n’existait pas encore.

Durant ses 200 ans d’histoire, le livret A est passé par de très nombreuses évolutions de son taux de rémunération et du montant maximum déposable, pour atteindre ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Caractéristiques du livret A

Ouvrir un livret A comporte plusieurs avantages, ce qui explique aussi le succès de ce placement.

Tout d’abord, l’épargne disponible fait la force de ce livret. Il s’agit en effet d’un placement très fluide : vous pouvez déposer et retirer de l’argent à tout moment, sans aucune contrainte de nombre ou de durée de détention. En cela, le livret A compte parmi les placements financiers les plus liquides.

Un livret A peut être ouvert par tout particulier résidant en France, qu’il soit majeur ou mineur. Il n’y a aucun prérequis de versement mensuel. Le versement initial minimum à l’ouverture du livret, tout comme les versements suivants, s’élève à 10 €, sauf à la Banque Postale, où un livret A peut être ouvert à partir de 1,5 € de dépôt.

Le livret A est non imposable : les intérêts générés sont non fiscalisés, ce qui fait que le taux de rendement de 0,75 % (depuis 2015) est un taux net. Aucuns frais ne sont prélevés sur ce livret, que ce soit pour l’ouverture, la clôture, les dépôts ou retraits d’argent. Cela en fait une solution particulièrement avantageuse.

Toutes les banques peuvent désormais proposer un livret A ; ce dernier ne peut toutefois pas disposer de chéquier.

En 2019, le plafond du livret A pour les particuliers est de 22 950 €.

Livret A et taux d’intérêt

Du fait qu’il soit totalement exonéré de fiscalité et de prélèvements sociaux, tout en offrant une épargne garantie, le taux du livret A est souvent inférieur à d’autres types de comptes épargne. Celui-ci a varié tout au long de son histoire.

Les modes de calcul du taux du livret A

Historiquement, ouvrir un livret A avait pour objectif de contrebalancer le taux d’inflation, qui est un des indicateurs permettant de déterminer la rémunération du livret A. Ainsi, depuis sa création en 1818, le taux d’intérêt a globalement été revu à la baisse, notamment depuis les années 80.

Il est en effet proportionnel à l’inflation : plus faible est l’inflation, plus faible est le taux d’intérêt du livret A. À titre de comparaison, la rémunération du livret A était de 6 % en 1985, 3 % en 2000, et elle est fixée à 0,75 % du 1er août 2015 au 31 janvier 2020.

Depuis 2008, une nouvelle formule de calcul automatique du taux d’intérêt est instaurée. Elle utilise soit une moyenne entre les taux d’intérêt européens Euribor 3 mois, Eonia et l’inflation en France, soit l’inflation seule, majorée d’un quart de point.

Un taux d’intérêt parfois politisé

Bien que le taux d’intérêt du livret A devrait être automatiquement donné par sa formule de calcul, de manière simplement arithmétique, il arrive que ce taux soit fixé à d’autres niveaux pour des raisons politiques. Cette différence peut jouer dans les deux sens. Ainsi, lors de la révision de février 2012, le taux du livret A aurait dû être augmenté à 2,75 %, mais a été maintenu à 2,25 %.

En février 2013, le taux, qui aurait dû être abaissé à 1,5 % ne l’a été qu’à 1,75 %.

En février 2014, l’application stricte de la formule de calcul aurait dû conduire à un taux de 0,75 %, qui a été maintenu à 1,25 % par le gouvernement.

Le plafond du livret A

Tout comme le taux d’intérêt, le plafond du livret A a été soumis à de nombreuses variations. Toutefois, en ce qui concerne la somme maximum que l’on peut détenir sur le livret A, celle-ci a toujours été modifiée à la hausse. Après des augmentations continues et similaires de 1963 aux années 2000, le plafond du livret A s’est retrouvé fixé à 15 300 € en 2002.

Sous l’impulsion du gouvernement de l’époque, qui en avait fait un de ses engagements forts, le plafond du livret A est passé à 19 125 € en octobre 2012, puis à 22 950 € en janvier 2013, soit une augmentation cumulée de 50 %.

Il s’agit là du plafond pour les personnes physiques. Concernant les sociétés mutualistes et les associations type loi 1901, le plafond de leur livret A est, lui, fixé à 76 500 €. Pour ce qui est des organismes HLM et de crédit immobilier, le livret A n’a aucun plafond.

Une fois le plafond atteint, il n’est plus possible d’épargner des sommes supplémentaires sur son livret A. Toutefois, le calcul des intérêts porte sur la somme totale, y compris la portion qui dépasse le plafond. Les intérêts peuvent donc permettre d’aller plus loin que le plafond des 22 950 € pour les personnes physiques.

Les autres types de livrets et solutions d’épargne

En parallèle du livret A, d’autres types de placements peuvent être ouverts auprès de votre établissement bancaire. Il est d’ailleurs tout à fait possible de cumuler plusieurs livrets et comptes épargne. En voici quelques autres qui peuvent se révéler intéressants.

L’assurance-vie

Le contrat d’assurance-vie est le type d’épargne préféré des Français, encore plus sollicité que le livret A. L’assurance-vie est soumise à l’imposition, mais reste plus rentable que le livret A, avec une performance nette d’environ 1,52 % en 2017, après prélèvement sociaux. L’assurance-vie investit en effet sur des fonds plus ou moins risqués, ce qui explique son rendement supérieur. L’épargne n’y est pas bloquée, et elle ne possède pas de plafond.

Le super livret

Il s’agit d’offres alléchantes proposées par les banques françaises et les assureurs, qui annoncent une rémunération de l’ordre de 5 %, pour une période limitée. Notons qu’une fois la période promotionnelle terminée, le taux d’intérêt revient à un niveau beaucoup moins incroyable, entre 1,5 et 1,9 %. Les plus-values sont soumises aux prélèvements sociaux, et comprises dans l’imposition sur le revenu.

Le plan d’épargne logement (PEL)

Initialement prévu pour financer un achat immobilier, le PEL peut tout à fait être utilisé comme un produit d’épargne classique. Son plafond est de 61 200 €, son taux d’intérêt brut de 1 %, auquel s’ajoute un prélèvement forfaitaire de 30 %. L’argent déposé sur un PEL doit être conservé au moins 2 ans pour rapporter 1 % d’intérêt ; s’il est clôturé prématurément, l’intérêt est porté à celui du compte épargne logement, à savoir 0,5 % brut.

Le livret d’Épargne populaire (LEP)

Voici un produit très intéressant, réservé aux foyers modestes (revenu fiscal inférieur à 19 779 € sur l’année 2017 pour une personne seule). Son plafond est de 7 700 €, et son taux d’intérêt annuel de 1,25 %. Les intérêts y sont exonérés de fiscalité, et le placement est parfaitement liquide.

Livret de développement durable et solidaire (LDD)

Ce dernier est très proche du livret A : les versements et retraits y sont libres, le plafond est de 12 000 €, le taux d’intérêt annuel de 0,75 %, totalement défiscalisé. Il s’agit donc d’un produit tout à fait similaire au livret A, qui peut être ouvert en parallèle.

Le livret A, un placement de confiance

En résumé, le livret A reste encore, 200 ans après sa naissance, un des placements favoris des Français. Sa souplesse, sa sécurité et son exonération totale de frais et de fiscalité en font un placement sans risque, à défaut d’être très rémunérateur. Il dispose d’un plafond plus que raisonnable, et offre une grande liquidité, ce qui en fait une épargne accessible à tous.

Il est bien sûr tout à fait possible, voire conseillé, de l’ajouter dans une stratégie d’épargne plus globale, aux côtés d’autres types de livrets bancaires et de comptes épargne.