Les statistiques de l’épargne en France

par | 6 Août 2018 | Finance

Selon l’étude de la Banque de France, reprise par ING, les produits d’épargne et l’immobilier restent les placements préférés des français, loin devant les investissements dans l’épargne financière.

Les 3 premiers trimestres de 2017, le patrimoine financier des ménages français était estimé à 140 milliards d’euros, au quatrième trimestre, il était de 5.233 milliards d’euros. La BDF enregistre ainsi une hausse de 8,5% comparée à l’année précédente.

Les premiers mois de 2018, les épargnes des français atteignaient déjà la barre des 100 milliards d’euros, soit une moyenne de 178 200 euros brut par ménage, réduite à 124 600 euros moins les dettes.

Les français épargnent donc mieux et plus que les allemands. Toutefois, une grande disparité existe…

Une grande inégalité entre les revenus de chaque ménage

La répartition des revenus chez les ménages français est néanmoins très inégale sachant que les ménages les plus aisés, la crème de la crème (20%) détiennent 65% des actifs.

Un sur trois de ces ménages possède un patrimoine financier de moins 30 000 euros. Ils investissent d’ailleurs beaucoup plus dans l’assurance-vie et les dépôts.

Au final, on arrive au même constat : les français sont plus que réticents face aux placements à risque. D’ailleurs, le patrimoine non-financier reste toujours plus important que le patrimoine financier dans l’Hexagone malgré des rendements faibles comme celui du livret A figé à 0,75% jusqu’à fin 2020.

L’épargne réglementée toujours aussi plébiscitée

Les épargnants français tendent à changer leurs habitudes. Si en mai 660 millions d’euros ont été placés en livret A, ce chiffre est descendu à 280 millions d’euros en juin. Si on se fie à l’étude de la Caisse des dépôts, les patrimoines des Livrets A et des livrets de développement durable et solidaire sur le mois se totalisaient à 520 millions d’euros, soit un encours de 386,7 milliards d’euros jusqu’à la fin de ce second trimestre de 2018.

Malgré tout, ces épargnes réglementées devancent toujours l’immobilier et les placements en actions. Cette conjoncture peut s’expliquer par l’inflation, le départ en vacances et l’augmentation des impôts réduisant le pouvoir d’achat des français. A cette période, le Cercle de l’Epargne fait le même constat. Les chiffres de juin 2018 égalisaient à peu près presque ceux de juin 2017.

L’immobilier et l’assurance devancent les placements à risque

Après l’épargne réglementée, les épargnants français se tournent vers l’immobilier et l’assurance-vie pour préserver leur patrimoine. Dans son étude sur le marché de l’épargne, le cabinet Xerfi indique un certain changement des comportements.
La consommation des ménages de français est en train d’augmenter et ils sont ainsi de moins en moins nombreux à être en faveur de l’épargne.

Depuis 2009, le revenu brut disponible a beaucoup augmenté, +12%, de même que la consommation (+14%) tandis que l’épargne régresse quant à elle de -2,1%.

L’immobilier

L’immobilier est aussi un des investissements les plus populaires avec un bond de 17% au dépit de l’épargne financière.
A cela, deux explications : l’inflation qui fait pencher la balance en faveur de l’immobilier et les taux bas des prêts immobiliers, notamment ceux des banques en ligne selon http://www.detective-banque.fr.

Et jusqu’ici, 1 français sur 4 estime que l’achat d’un bien immobilier représente leur meilleur placement en 10 ans. 29% des actifs bruts des ménages sont ainsi dans la pierre.

L’assurance-vie

En ce qui concerne l’assurance-vie, les français ont profité d’un taux de 1,83% sur les fonds à capital garanti en 2017, qui a pourtant atteint à 3,90% en 2008.

Les placements dans ce produit s’élevaient au total à 72,4 milliards d’euros jusqu’à fin juin 2018 contre 68,3 milliards à la même période l’an passé.

Si on soustrait les retraits, la collecte nette est estimée 12,2 milliards d’euros, soit une hausse de 3%.
Le rendement en fonds en euros continue pourtant de descendre...

Les investissements à risque, derniers de la liste

80% des sommes de l’assurance vie sont placées dans les fonds garantis en euros, preuve de l’aversion au risque des français. Le rendement suit pourtant le niveau d’inflation, d’où la perte de leur pouvoir d’achat.

Les actions et les unités de compte devront donc être privilégiées. Face à la baisse des performances, certaines banques assurances obligent d’ailleurs leurs clients à placer une partie de leur patrimoine en unité de compte, environ 30% des sommes placées en juin, pour rester solvable et bénéficier de frais de gestion plus avantageux.

Quoi qu’il en soit, on attend ce que va donner la loi Pacte après son examen au Parlement…