Réforme des retraites : les membres de l’intersyndicale affirment vouloir rejeter toute demande de renégociation

Le mercredi 5 avril 2023, le Premier ministre et les représentants de l'intersyndicale se sont réunis pour débattre de la réforme des retraites, mais leur dialogue a tourné court en raison de dissensions internes.

A la veille de 11 jours de mobilisation contre la réforme des retraites, Elisabeth Borne devait rencontrer une intersyndicale à Matignon le 5 avril 2023. Malheureusement, cette rencontre très attendue s’est finalement conclue par une déception.

Pour la première fois depuis que le Premier ministre a proposé sa réforme le 10 janvier, il a réuni les syndicats. Cette réunion, aussi brève soit elle, n’a duré qu’une heure, s’est achevée sans qu’un consensus ait été trouvé, ce qui a poussé les syndicalistes à demander l’abrogation du texte.

 

Une « réunion inutile »

Le 20 mars, l’Assemblée nationale a validé une réforme révolutionnaire du système des retraites, discutée depuis deux mois et demi. Le Premier ministre a utilisé l’article 49-3 de la Constitution pour contrer deux motions de censure présentées le 17 mars.

Les représentants syndicaux avaient déjà prévu que cette rencontre avec le Premier ministre serait improductive, car ils s’attendaient à ce qu’il rejette leur demande de débat sur l’âge de la retraite. Le démantèlement de la réforme reste l’un des principaux objectifs du syndicat et il est impératif que cette question soit abordée.

Avant la réunion, Sophie Binet, nouvellement nommée secrétaire générale de la CGT, a laissé entendre qu’elle pourrait être conclue “en cinq minutes”. Olivier Faure, chef du parti PS, a même qualifié la situation “d’impasse”.

A l’unanimité, les syndicats ont pris position contre cette réunion “inutile” et ont déclaré qu’ils ne reprendront pas les négociations.

 

« Un grave problème démocratique. »

En réponse à la réunion, les syndicats ont exprimé leur désapprobation à l’égard de cette réforme et l’ont qualifiée d’excessivement sévère. Ils ont déclaré dans un communiqué : “Nous avons une fois de plus exprimé à quel point cette réforme est injuste”

Lire :  Prévoyez les frais cachés de la rentrée scolaire pour éviter les surprises !

Face au refus du Premier ministre de retirer sa proposition de loi, Laurent Berger de la CFDT a exprimé son désarroi en déclarant “c’est un moment de crise démocratique grave”.

 

Aux bons soins du Conseil constitutionnel

Sophie Binet est persuadée que le niveau de refus de la nation sera trop important pour que la réforme réussisse.

Le 14 avril, le Conseil constitutionnel se prononcera officiellement sur la légalité de cette loi après en avoir scruté chaque mot.

 

Cyril Chabanier, président confédéral de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), a imploré le Conseil constitutionnel de tenir compte de “la juste colère des travailleurs” et d’agir avec “sagesse”.

Au nom de l’intersyndicale, il demande d’urgence “le retrait immédiat et inconditionnel” du texte.

Laurent Berger a encouragé les Français à participer à une manifestation pacifique de solidarité demain, en insistant sur le fait que toute activité doit rester non-violente. Il a déclaré avec insistance : “Cet appel s’adresse à tous les Français”

Afficher Masquer le sommaire

Partagez votre avis