Réforme des retraites : le Premier ministre accueille les représentants syndicaux aujourd’hui

Alors que la mobilisation atteint son onzième jour, le Premier ministre accueille les représentants syndicaux pour discuter de la réforme des pensions et notamment de l'âge de départ à la retraite.

Le mercredi 5 avril 2023, Elisabeth Borne a fait preuve de bonne volonté à l’égard des syndicats pour tenter de résoudre la crise des retraites. Cependant, il semble que ces derniers ne se laissent pas faire et ont exigé qu’elle retire totalement sa proposition de réforme. Il n’est pas certain que cette porte reste ouverte encore longtemps.

Le Premier ministre a déclaré qu’il était prêt à écouter tous les sujets que les syndicats souhaiteraient aborder lors de cette réunion à Matignon, qui débutera à 10 heures, malgré certains points de désaccord sur la réforme des retraites, particulièrement le relèvement de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

 

« Ça peut être fini en cinq minutes »

Si l’exécutif n’accepte pas une discussion sur les 64 ans, Laurent Berger, le leader de la CFDT, a clairement indiqué que “nous nous en irons” De même, Sophie Binet, qui vient de prendre ses fonctions à la tête de la CGT, a déclaré : “Ça peut être fini en cinq minutes”

A l’issue d’une assemblée mardi avec Sophie Binet, un responsable syndical a proclamé à l’AFP que “demain, le gouvernement qui espère passer outre apprendra qu’il n’a pas obtenu ce qu’il souhaitait”.

Depuis le départ de Philippe Martinez de la tête de la CGT, la solidarité au sein de l’intersyndicale n’a pas changé et est plus forte que jamais, selon un responsable.

La réunion d’Elisabeth Borne, au onzième jour des manifestations et des grèves sur la réforme, devrait être bloquée, selon un ministre de premier plan. Ce n’est pas vraiment une surprise, car ce qui se passera lors de la réunion a été prédéterminée.

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« Voie sans issus »

La discorde actuelle entre la CFDT, qui demande le “retrait ou la suspension” du document, et la CGT, qui souhaite son “retrait” total. Pour elles, parler de la suspension de ce texte, c’est comme parler de la réintroduction du Contrat première embauche, c’est hypothétique et sans application concrète.

Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT, a déclaré qu’outre le retrait, ils devraient également demander une conférence sociale sur le travail et les pensions.

Mardi, Marine Tondelier, chef de file des écologistes, a déclaré : “Nous sommes dans une impasse” après avoir consulté Elisabeth Borne, qui réunit tous les points de vue possibles afin de constituer une majorité et de former un programme de gouvernement pour les mois à venir. Tant qu’il n’y aura pas de retrait de la situation, nous ne pourrons pas avancer, ont-ils convenu.

Depuis que le Premier ministre a dévoilé sa réforme le 10 janvier, c’est la première fois qu’il rencontre les syndicats.

Le 7 mars, un nombre sans précédent de 1,3 million de personnes sont descendues dans la rue, soit plus qu’en 1995 et 2010 réunis ! Ces manifestations se sont intensifiées lorsque leurs demandes ont été rejetées sans vote parlementaire ni approbation des réformes par le biais du 493.

Malgré leurs demandes répétées, les syndicats se sont vu refuser une audience avec Emmanuel Macron. Elisabeth Borne leur a alors demandé de solliciter un engagement auprès du ministère du Travail.

 

Discuter d’autre chose que des fonds de retraite

Alors que le gouvernement attend nerveusement le verdict du Conseil constitutionnel lundi, un ministre a clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de discuter des pensions et qu’il souhaitait plutôt “négocier autre chose”.

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Selon Elisabeth Borne, de nombreuses questions doivent être abordées concernant la qualité de vie au travail, la fin de carrière et la prévention de la pénibilité.

Les vacances de printemps commençant le 8 avril, l’exécutif espère que les manifestants se lasseront. “Le déroulement de la journée de mardi (28 mars) est plutôt encourageant : une mobilisation en baisse et des syndicats qui acceptent de dialoguer”, a déclaré un député de la Renaissance à l’issue de la dixième journée de protestation.

En comparaison, les syndicats cherchent à démontrer jeudi que la mobilisation reste puissante.

Laurent Berger, leader de la CFDT, a déclaré à L’Obs qu’il s’attendait à ce que le Conseil constitutionnel “censure ” avec force les points de la loi jugés défavorables. Il a déclaré que si l’on ne traitait que certaines questions telles que l’indice senior et la pénibilité au travail au lieu de tous les aspects allant jusqu’à 64 ans, cela ne contribuerait pas à apaiser les conflits sociaux actuels.

Le Conseil constitutionnel doit annoncer son verdict le 14 avril. Les syndicats et la gauche espèrent que ce verdict validera leurs efforts de collaboration en vue d’un référendum sur la réforme (RIP).

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