Les aliments ultra-transformés : l’origine de nombreuses carences

par | 17/03/2019 | Santé

Le problème dit de la « malbouffe » est de plus en plus prégnant sur le globe. Tandis qu’il touchait auparavant seulement les pays riches, il tend aujourd'hui à se développer à travers le monde, et engendre une explosion du nombre de personnes en surpoids. Ainsi, selon l’OMS, on comptait en 2016 plus de 1,9 milliard d'adultes en surpoids, et plus de 650 millions obèses.

Cette augmentation de l'obésité est notamment due à la consommation croissante d'aliments ultra-transformés. Non contents de favoriser la prise de poids, ceux-ci ont également pour conséquence d'entraîner de graves carences nutritionnelles.

Dans cet article, nous allons voir quelles carences peuvent causer ces aliments et leurs conséquences.

Qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ?

Pour comprendre ce qu'est un aliment ultra-transformé, il est utile de savoir, par comparaison, que les aliments peu ou pas transformés sont ceux qui sont présents à l’état naturel, et utilisés sans aucune autre forme de préparation ou ajout. On peut citer les fruits et légumes, la viande, les œufs frais…

Par opposition, les produits ultra-transformés, comme leur nom l'indique, ont subi plusieurs étapes et techniques de transformations. Ils comportent notamment de nombreux ajouts de substances d'origine industrielle, destinées notamment à allonger leur durée de vie et leur attractivité physique.

Les produits ultra-transformés comptent presque toujours un excédent de sel, de sucre, d’acides gras, ainsi que d'autres addictifs artificiels comme émulsifiants, colorants ou conservateurs. Il s'agit souvent de sucreries, sodas, plats préparés…

Pourquoi les aliments ultra-transformés génèrent-ils des carences ?

Un des problèmes des aliments ultra-transformés, outre leur excès de sel, sucre et matière grasse, est que leurs étapes de transformation excessives vident complètement les aliments originels de tous leurs nutriments essentiels.

Des aliments qui n'étaient pas forcément dénués d’intérêts et de nutriments à la base se retrouvent complètement dépouillés de leurs valeurs nutritionnelles originales. Ces aliments ultra-transformés présentent donc une très forte densité calorique de par leur apport en sucre, cumulée à une très faible valeur nutritionnelle : c'est ce qu'on appelle des « calories vides ».

Ces aliments entraînent à la fois des problèmes de surpoids, mais aussi de nombreuses carences, de par les transformations industrielles qui les privent de nombreuses qualités nutritionnelles.

Les types de carences

La consommation excessive d'aliments ultra-transformés entraîne de nombreuses carences, de plusieurs types. On relèvera les carences en vitamines, fibres et minéraux. Parmi les carences en vitamine, citons les vitamines D, A, et tout un groupe de vitamine B : B12, B9, B3, B1.

L'excès d'aliments ultra-transformés peut également être à l'origine de carences en fer (présent notamment dans la viande rouge, le poisson, les œufs ou les légumineuses) et en calcium (qui, en dehors du lait, est présent dans les poissons gras ou les légumes verts).

Quelles sont les conséquences de ces carences ?

À terme, toutes ces carences sont loin d'être anodines.

Les carences en calcium peuvent provoquer des tremblements musculaires, des crises de tétanie ou des troubles du rythme cardiaque. Associée à un déficit de vitamine D (par manque d'exposition au soleil, ou consommation de poissons gras), vitamine qui permet de bien assimiler le calcium, cette double carence peut provoquer une insuffisance rénale, ainsi qu’une hypokaliémie.

La carence en fer peut provoquer une anémie, c'est-à-dire un manque d'hémoglobine dans le sang. Elle se traduit notamment par une fatigue généralisée, une chute de la force physique, des maux de tête, la pâleur de la peau et la chute des cheveux. L’anémie peut également être provoquée par une carence en vitamines B12 et B9.

La carence en vitamine A, bien qu’assez rare dans les pays développés, peut être observé chez des personnes souffrant de maladies qui entravent sa bonne assimilation. Cette assimilation peut être aussi réduite par des carences en zinc, en vitamine C ou en protéines, ainsi que par l'alcoolisme. La carence en vitamine A handicape la vision, jusqu'à une possible cécité, dans les cas extrêmes.

La carence en vitamine B3, assez rare dans les pays européens, peut entraîner la pellagre, maladie induisant des problèmes digestifs et nerveux.

Une personne manquant de vitamine B1 connaîtra une perte d'appétit, de poids, ainsi qu'une fatigue excessive. Cette carence est rare dans les pays occidentaux, mais peut toucher les personnes souffrant d'alcoolisme, où elle se caractérise alors par une irritabilité ou une dépression.

Pour finir

Au final, on constate que les aliments ultra-transformés ne font pas que de favoriser l'obésité : ils sont aussi à l'origine de nombreuses carences en vitamines et nutriments essentiels. Il est donc crucial d’en limiter la consommation. Pour Anthony Fardet, fer de lance de la bataille contre les aliments ultra-transformés, il ne faudrait pas consommer plus de 15 % de ces derniers, pour 85 % de calories d'origine végétale.