Les années 90; arrivée à Najac. Pour peu que l'on désirât s'y installer, venant de la ville, là-bas, ailleurs, les choses paraissaient simples. Passés les premiers temps, quand tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil; que le village, si beau, si beau, quelle chance! que le temps, le sud, le temps si chaud, si beau! quel bonheur! Passé le temps! Loin d'être naïf, on sait que dans un monde, aussi bas fût-il, la surprise, bonne ou mauvaise, est au coin de la venelle et que le détail est dans le diable et inversement.
Aïe! Aîe! Dure la vérité! Comme toujours, dure!
En ce temps-là, l'édile avait le pouvoir, absolu, seul; beau le pouvoir! Les autres, des ombres. Lui, seul, le pouvoir! Pas de vote. Des services, des cadeaux! L'opinion pour son action. Il fallait comprendre. On a essayé. Mais on n'est pas d'ici. Pas de perpétuelles concessions, pas de compréhension! Pourtant on a essayé.
Village touristique, quelle chance! Activité, essor, regain! Ah oui? Des chiffres, des chiffres, des chiffres! Envolés les chiffres! Tout confondu. Mairie, office de tourisme (OT), employés, voitures, camions, fournitures, carburant. La même marmite. Joyeux mélange! Edile tout puissant, personnel à la botte et opinion à la cote. Cerise sur le gâteau, le coup du saxo!
Les gens d'ici: Quand même, quel homme!
Ceux d'ailleurs: Oui... bon... peut-être que non...
Les gens d'ici: Ta concession!?!
On a essayé. Pas de succès.
Les temps ont changé.
Nouvel édile. Ah bon? Oui... La différence? Fini le saxo!
Nouveau directeur de l'OT. Oui! OUi! OUI!
Le choix? Difficile à faire. Ah oui! Voter? Ah oui! Difficile de choisir. C'est dur non? La vie aussi!
Président pas content! Veut remettre ça. Ah non! Plus comme avant! Un vote, c'est un vote! Ah oui? Ah bon? Président pas content...
Et le président? Dans pas longtemps... Ah oui? Ah bon? Bon!
Les temps changent. Pour combien de temps? Oui, mais les choses changent? Ah oui? Depuis combien de temps?
Frederic Maurau